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Une expédition du Musée dresse l’inventaire botanique du plus grand parc du Nunavut

Geoff Levin (haut à gauche), Dan Smythe (haut à droite), Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

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Paul Sokoloff et Lynn Gillespie cueillent et pressent des plantes durant leur expédition au parc Agguttinni ; Paul Sokoloff présente un spécimen de fougère (Woodsia alpina) recueilli lors de l’expédition ; les montagnes du parc font une toile de fond étonnante pour le guide Jaypiti Inutiq et les botanistes Lynn Gillespie et Geoff Levin.

 

23 mars 2022
par Dan Smythe

Par un après-midi ensoleillé, le botaniste Paul Sokoloff ouvre les portes d’une grande armoire grise dans un laboratoire de botanique du centre des collections du Musée canadien de la nature.

Des centaines de feuilles d’herbier s’entassent sur les étagères, chacune portant un spécimen nouvellement monté d’une plante provenant d’Agguttinni-Nunavut, le plus grand et le plus récent des parcs territoriaux, que l’on atteint par un court trajet en motoneige à l’ouest de la communauté côtière de Kanngiqtugaapik (Clyde River) au centre de l’île de Baffin.

Les plantes font partie des quelques milliers de spécimens recueillis par Sokoloff, la chef de projet Lynn Gillespie, et l’associé de recherche du Musée Geoff Levin lors d’une expédition dans le parc à l’été 2021.

« Agguttinni est l’une des régions les plus montagneuses du Nunavut que j’ai visitées, et mon séjour là-bas a été spectaculaire », dit M. Sokoloff, en décrivant certaines des caractéristiques les plus importantes des 10 000 km carrés de territoire du parc. Le Musée a établi un partenariat avec le Service des Parcs et Lieux d’intérêt du Nunavut, qui s’est montré intéressé à dresser l’inventaire botanique du parc. Le projet a été effectué en collaboration avec Savoir polaire Canada.

Au cours de leurs cinq semaines sur le terrain, les botanistes se sont dispersés à partir de quatre camps de base et ont recueilli des plantes dans une série d’habitats. Ils ont exploré les zones humides côtières, remonté des fjords profonds et traversé des terrains rocailleux à la base de la calotte glaciaire Barnes. Ils ont même eu accès aux sites les plus éloignés grâce à des hélicoptères gracieusement fournis par Parcs Nunavut.

L’équipe a également bénéficié du soutien des guides et agents de conservation Jaypiti Inutiq et Leeno Apak, qui l’ont rassurée avec leurs connaissances du terrain, des conditions météorologiques et de la faune. Même s’il s’agissait d’une expédition de botanique, M. Gillespie rapporte avoir observé beaucoup d’oies des neiges, de nombreux lemmings, quelques caribous et même des ours polaires.

Depuis son retour à Gatineau, l’équipe a identifié plus de 140 espèces de plantes vasculaires, c’est à dire des plantes pourvues de racines et de tiges. L’équipe est encore affairée à caractériser les lichens et les mousses.

Certaines de ces plantes sont rarement signalées dans cette partie de l’Arctique, y compris quelques espèces de Pâturin, de Crépis nain (membre de la famille des Astéracées) et d’Arabette arctique (membre des Brassicacées). « Nous avons trouvé la plupart de ces plantes à la tête de deux fjords, des zones de grande diversité végétale que nous qualifions d’oasis polaires », explique Mme Gillespie. M. Sokoloff a eu la joie de trouver un Carex marin (Carex marina), la première trace de Carex dans le nord-est de l’île de Baffin.

Des fragments de feuilles ont également été prélevés pour être conservés dans la Cryobanque de la biodiversité du Musée. Cecilia Eason, une étudiante soutenue par Savoir polaire Canada, a été embauchée pour monter les spécimens. Elle continue de les numériser afin que les numérisations et les données de collecte puissent être partagées avec la communauté scientifique.

Le résultat est un inventaire qui s’ajoute au projet de recherche en cours du Musée pour décrire et documenter la diversité botanique de l’Arctique canadien. Un ensemble de spécimens sera également partagé avec le Service des Parcs et Lieux d’intérêt du Nunavut, qui peut utiliser les dossiers pour guider la gestion des ressources et l’éducation.

L’un des faits saillants de l’expédition à l’île de Baffin a été une rencontre avec les résidents de Kanngiqtugaapik. Les botanistes ont alors montré les plantes qu’ils avaient cueillies, décrit leurs recherches et écouté les histoires des habitants sur la flore de la région

M. Sokoloff décrit également un atelier mémorable avec certains aînés, animé par Kaalai (Caroline) Ipeelie, consultante en patrimoine et interprète des parcs du Nunavut.

« Nous nous sommes assis avec eux à l’hôtel, nous leur avons montré les plantes, et ils ont partagé leurs connaissances, explique M. Sokoloff. Kaalai a beaucoup d’expérience pour ce qui est de collaborer avec tact avec les aînés inuits. Sa présence était un puissant atout. » Toutes les informations de l’atelier ont été remises au Service des Parcs du Nunavut pour l’aider à planifier la conservation et l’interprétation.

Visionnez cette vidéo avec Paul Sokoloff pour apprenez plus sur le parc Agguttinni et le project du Musée.