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Une nouvelle espèce de 240 millions d’années : un prédateur marin doté d’un « flotteur » intégré

Tyler Stone © Musée canadien de la nature

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Brevicaudosaurus jiyangshanensis est une nouvelle espèce du reptile marin; fossiles découverts dans le sud-ouest de la Chine. 

Ottawa, 29 octobre 2020 - Il y a environ 240 millions d’années, alors que les reptiles étaient les maîtres des océans, un petit prédateur ressemblant à un lézard flottait près du lit marin en eau peu profonde en bordure de l’océan, saisissant ses proies de ses dents en forme de crocs. Sa queue courte et plate, qui lui servait à tenir l’équilibre, a contribué à l’identifier comme une nouvelle espèce, selon la recherche publiée dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

Des paléontologues de l’Académie des sciences de Chine et Xiao-chun Wu, Ph. D., du Musée canadien de la nature ont analysé deux squelettes issus d’une fine couche de calcaire dans deux carrières du sud-ouest de la Chine. 

Ils ont identifié ces ossements comme appartenant à des nothosaures : des reptiles marins du Trias caractérisés par une petite tête, des crocs, des membres ressemblant à des nageoires, un long cou et, généralement, une queue encore plus longue probablement utilisée pour la propulsion. Or, cette nouvelle espèce présentait plutôt une queue courte et plate.

« Notre analyse de ces deux squelettes bien préservés révèle un reptile doté d’un corps large et pachyostotique (importante densité osseuse) et d’une queue très courte et aplatie. Une longue queue peut être agitée dans l’eau pour générer une poussée. La nouvelle espèce était probablement mieux adaptée à flotter près du fond d’une mer peu profonde. La queue permettait à l’animal de tenir l’équilibre, comme un flotteur sous-marin, et d’économiser son énergie pendant qu’il chassait des proies », explique Qing-Hua Shang, Ph. D., de l’Académie des Sciences de Chine à Beijing.

Xiao-Chun Wu © Musée canadien de la nature

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Les deux fossiles de la nouvelle espèce trouvé dans le sud-ouest de la Chine. Le squelette le plus complet des deux a été trouvé dans la carrière de Jiyangshan, donnant au spécimen son nom d’espèce.

Cette nouvelle espèce porte le nom de Brevicaudosaurus jiyangshanensis, du latin brevi (court), caudo (queue) et du grec sauros (lézard). Le squelette le plus complet des deux, qui mesure un peu moins de 60 cm de longueur, a été mis au jour dans la carrière Jiyangshan, ce qui a donné au spécimen son nom d’espèce.

Ces restes nous renseignent encore davantage sur le mode de vie de l’animal. Les membres avant sont beaucoup plus développés que les membres arrière, ce qui laisse supposer qu’ils servaient à la nage. Les os des pieds avant sont courts par rapport à ceux des autres espèces, ce qui réduit la force avec laquelle l’animal peut se mouvoir dans l’eau. La majeure partie des os, dont les vertèbres et les côtes, sont épais et denses. Ces caractéristiques contribuent à donner à l’animal un aspect massif et trapu et à limiter sa capacité à nager vite mais aussi à augmenter sa stabilité sous l’eau.

Ce que le reptile perd en rapidité, il le gagne en stabilité, car ses os massifs et épais jouent le rôle de lest. Si l’on ajoute la queue courte, tout cela aide le prédateur à flotter immobile sous l’eau, en dépensant peu d’énergie pour rester à l’horizontale. Une flottabilité neutre lui permettait sûrement de se déplacer sur le lit marin à la recherche de proies peu rapides. Ses côtes extrêmement denses laissent aussi penser que le reptile avait des poumons de grande taille, ce qui lui permettait de rester plus longtemps sous l’eau.

« Les nothosaures étaient assez gros, normalement de trois à quatre mètres de longueur, certains atteignant cinq ou sept mètres. Brevicaudosaurus jiyangshanensis est le plus petit que l’on connaisse jusqu’à présent. Sans doute que ce petit reptile marin incapable de nager très vite faisait très attention aux gros prédateurs quand il flottait dans les eaux peu profondes, lui-même prédateur à la recherche de proies », dit le co-auteur Xiao-Chun Wu, Ph. D., du Musée canadien de la nature.

Cette étude a été financée par l’Académie des sciences de Chine, la Fondation nationale des sciences naturelles de Chine et le Musée canadien de la nature.

Renseignements pour les médias et demandes d’images : 

Dan Smythe
Relations avec les médias
Musée canadien de la nature
613-698-9253 (cel.)
dsmythe@nature.ca