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Sila : les énigmes du climat
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À la rescousse des océans!


Ryan : Wow! On se croirait dans un paradis quelque part en Polynésie!

Morgan : Oh oui. J'adore ça. J'ai souvent rêvé d'être à Hawaï durant les longs blizzards de l'Arctique.

Inukshuk : Tu n'en es pas trop loin. À peine quelque 3 600 kilomètres au sud d'Hawaï et tu arrives à l'État insulaire de Samoa. On peut en effet le qualifier de paradis, avec ses longues plages de sable blond, ses lagons idéaux pour la plongée et ses cuvettes de lave noire.

Ryan : Tu as dit de la lave? Est-ce que ce paradis pourrait, par hasard, exploser à tout moment?

Inukshuk : Oui, il s'agit d'îles volcaniques. Vous pouvez d'ailleurs visiter une ville à moitié ensevelie. La lave a englouti plusieurs églises et réduit en cendres toutes les maisons de bois traditionnelles il y a plus de 90 ans. Mais une menace plus immédiate se cache ici : des dangers naturels, dont beaucoup se verront aggravés par les changements climatiques.

Portrait de Morgan, Ryan et Inukshuk.

1) Image d'une plage tropicale.
2) Dessin d'une tempête au Samoa.

Ryan : Lesquels par exemple?

Inukshuk : Par exemple les cyclones tropicaux, les inondations des côtes et des cours d'eau, les glissements de terrain, les ondes de tempête.

Morgan : Je connais bien les ondes de tempête. J'étais à Tuktoyaktuk quand une énorme tempête s'est déclarée. On aurait dit que toute la mer de Beaufort fouettait la côte.

Inukshuk : Chez vous, la saison des eaux libres ne dure que quatre mois, mais attention quand une de ces tempêtes se lève! En quelques heures, le niveau de l'eau le long des côtes peut atteindre sept fois la hauteur normale. Une seule tempête peut engloutir 20 mètres de rivage et mettre en péril les bâtiments, les gens et l'habitat des animaux.

Ryan : Quand une tempête comme celle-là fait rage, comment pouvez-vous vous mettre à l'abri dans cette toundra nue?

Morgan : La seule chose à faire est de bien fermer la porte, de sortir le jeu de cartes et d'espérer que le toit ne s'envolera pas!

Inukshuk : C'est un peu ce que font les Samoans durant leurs tempêtes tropicales. Leurs collectivités sont exposées à la fureur des éléments, comme les vôtres dans le Grand Nord. Et leur mode de vie dépend de la terre et de la mer.

Ryan : Donc si l'environnement souffre, l'économie aussi, n'est-ce pas?

Inukshuk : C'est exact. De 1989 à 1993 Samoa a été frappé par de terribles cyclones à chaque printemps. Le pire d'entre eux, qu'ils ont appelé le cyclone Val, s'est abattu en 1992. Cette tempête a sérieusement détérioré 90 % de la forêt de Samoa et détruit environ la moitié des cocotiers.

Ryan : Aille! Beaucoup de personnes ont dû perdre leur emploi.

Inukshuk : Les plantations de cocotiers représentent une des principales sources d'emplois sur l'île. La pêche aussi. Ce secteur pâtit aussi beaucoup dès qu'un cyclone se produit. Et les changements climatiques pourraient renforcer ces tempêtes.

Morgan : Comment ça?

Inukshuk : Avec les changements des conditions atmosphériques, les tempêtes tropicales pourraient devenir plus fréquentes.

Ryan : Mais les cyclones sont un phénomène normal dans cette région, n'est-ce pas?

Morgan : Oui, comme les blizzards chez nous?

Inukshuk : Exactement. Mais ils peuvent devenir à la fois plus violents et plus fréquents. Les fragiles récifs de coraux risquent alors de subir des dégradations plus importantes et de ne pas avoir assez de temps entre deux tempêtes pour se reconstituer. Ces récifs sont d'une importance capitale pour des petites îles comme Samoa, car ils les protègent des fortes vagues et procurent un abri et de la nourriture aux innombrables poissons et autres créatures marines.

3) Image d'un récif corallien en bon état.

Morgan : J'ai entendu dire que les changements climatiques provoquent une hausse du niveau de la mer. Comment les coraux vont-ils réagir?

Inukshuk : Pas très bien. La hausse du niveau de la mer leur pose un problème parce que de nombreuses espèces peuvent seulement absorber l'énergie solaire dans des eaux peu profondes. De plus, si les eaux se réchauffent trop, les coraux peuvent subir un stress et expulser les algues qui fournissent la nourriture.

Ryan : Les coraux peuvent mourir de faim?

4) Image de corail décoloré.

Inukshuk : Tout à fait. Quand les coraux meurent, ils deviennent tout blancs. Ce phénomène est dû aux effets climatiques qui s'observe déjà à Samoa.

Morgan : Alors qu'est ce que tous les poissons mangent?

Inukshuk : Ils ne mangent pas grand chose. Quand le corail va mal, les petits poissons qui s'y nourrissent vont mal.

Ryan : Et les gros poissons qui mangent les petits poissons aussi!

Inukshuk : Sans oublier les gens qui pêchent les gros poissons. Vous voyez un peu le tableau?

Morgan : Oui, et il n'est pas rose! Que font les Samoans pour égayer un peu ce tableau de l'avenir?

Inukshuk : Avez-vous déjà entendu l'adage « Savoir, c'est pouvoir »?

Ryan : Mon prof d'histoire répète ça sans arrêt.

Inukshuk : Eh bien! C'est précisément ce à quoi s'accroche les Samoans. Les enfants étudient les changements climatiques à l'école et s'efforcent de sensibiliser la collectivité à ce problème.

Morgan : Le pouvoir dans les mains des enfants. Excellente idée. Mais que font les adultes?

5) Image d'une réunion communautaire.

Inukshuk : Parallèlement, les groupes communautaires et les divers paliers de gouvernement de Samoa travaillent ensemble pour surveiller les changements climatiques et de trouver des moyens de s'y adapter. Ils apprennent à effectuer des mesures scientifiques des ressources en poisson, des températures de l'eau et du blanchiment des coraux.

Morgan : C'est bien. Mais à quoi est-ce que ça sert?

Inukshuk : Ces études permettront aux collectivités de connaître exactement les secteurs où les changements climatiques risquent de poser un problème et de planifier avant l'arrivée du problème. Il sera bien plus facile de protéger le récif et les stocks de poissons si les collectivités sont bien informées et bien soutenues. En attendant, ils réfléchissent aux moyens de réduire leur dépendance vis-à-vis le poisson et d'instaurer de nouveaux modes de subsistance.

Morgan : Comme accroître l'industrie du tourisme?

Inukshuk : Tout à fait.

Morgan : Je serais ravie de les soutenir dans cette entreprise si on m'en donnait la chance.

Ryan : Moi aussi. Je m'imagine déjà en train de faire de la plongée. Évidemment, si vous êtes bien sûr que ces volcans sont profondément endormis.

Inukshuk : Venez et regardez. Les Samoans ne peuvent pas prédire l'avenir, eux non plus. Mais ils font ce qu'ils peuvent pour se préparer aux changements.

Sources d'images :

  1. Microsoft Clip Art
  2. Agence canadienne de développement international (ACDI)
  3. Microsoft Clip Art
  4. Microsoft Clip Art
  5. Agence canadienne de développement international (ACDI) et A. Kaloumaira


Mise à jour : 2006-08-09    © nature.ca   Avis importants
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