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Ryan : Voilà qui ne ressemble guère à l'Arctique!
Inukshuk : Cela dépend.
Morgan : Cela dépend de quoi?
Inukshuk : De l'époque où tu t'y rends. Si tu avais été dans le Grand Nord il y a 45 millions d'années, tu n'aurais pas trouvé ce désert polaire glacé que tu y vois aujourd'hui, mais plutôt un climat propice aux forêts tropicales et aux marécages. Tu aurais même pu y rencontrer des tortues géantes, des lémuriens nocturnes et des alligators. Tu vois, les changements climatiques ne datent pas d'hier.
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Morgan : Super! Remontons dans le temps. J'aimerais bien voir ma maison de tourbe au milieu d'une palmeraie grouillante d'alligators.
Inukshuk : Oh! Tu veux mettre mes pouvoirs magiques à l'épreuve, n'est-ce pas? Oublions les alligators pour l'instant. Nous sommes arrivés au Paraguay, un pays chaud et humide au cour de l'Amérique du Sud. Voilà un parfait exemple d'une riche forêt tropicale humide, laquelle connaît malheureusement une rapide régression.
Ryan : On entend beaucoup parler de ce problème. Pourquoi les gens ne laissent-ils pas cette forêt en paix? N'éprouvent-ils pas un quelconque attachement pour les poumons de la planète?
Inukshuk : Toutes les forêts respirent: elles exhalent de l'oxygène et inspirent du dioxyde de carbone, un des gaz à effet de serre les plus décriés qui contribuent aux changements climatiques. Mais aucune forêt de la planète ne respire aussi profondément et ne donne autant que celle que nous avons sous les yeux. Quand on coupe et brûle ces forêts, tout le carbone emprisonné dans les arbres retourne dans l'atmosphère. La déforestation de ces régions peut provoquer des changements climatiques et avoir des effets bien au delà de l'Amérique du Sud.
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Morgan : Jusque dans l'Arctique?
Inukshuk : Jusque dans l'Arctique. Le monde est petit, mon ami. Couper des forêt ici peut influer sur la quantité de pluie que tu recevras pendant l'été ou sur la fréquence des blizzards pendant l'hiver.
Morgan : Merci bien, nous avons assez de blizzards comme ça!
Inukshuk : Et ce n'est pas tout. Quand ces forêts brûlent ou tombent sous les coups de hache, le nombre d'espèces végétales, d'animaux et d'oiseaux s'effondre. Des écosystèmes entiers peuvent ainsi disparaître. Alors vous vous demandez pourquoi les gens agissent ainsi?
Ryan : Oui! Cela me paraît complètement fou.
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Inukshuk : La réponse est simple. Ces gens défrichent des terres pour se nourrir, pour y planter du maïs, du soja, du blé, du manioc, des fruits, des légumes. Ils ont aussi besoin de gagner de l'argent en cultivant du coton, de la canne à sucre, en élevant du bétail, des cochons ou des poulets. Et il leur faut couper des arbres pour se procurer du bois de construction ou pour fabriquer du charbon. Beaucoup d'habitants des pays en développement, comme le Paraguay, dépendent de la terre pour satisfaire leurs besoins quotidiens.
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Morgan : C'est la même chose dans l'Arctique. La terre représente tout pour nous.
Ryan : Oui, mais vous ne la dévastez pas pour autant.
Inukshuk : Ces gens non plus.
Ryan : Mais est-ce que ces gens ont le choix d'agir autrement? Ils doivent bien nourrir leurs familles et gagner leur vie.
Inukshuk : Voilà l'astuce: les aider à faire d'autres choix. Couper et brûler la forêt n'est pas la seule façon de vivre qui existe. Au Paraguay, de nombreuses collectivités s'efforcent de trouver le moyen de préserver leurs forêts et de combattre les changements climatiques tout en comblant leurs besoins en nourriture, en énergie et en argent.
Morgan : Mais vous avez dit que ces personnes étaient obligées de défricher les forêts pour survivre.
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Inukshuk : Pas du tout. Il existe d'autres avenues.
Morgan : Lesquelles par exemple?
Inukshuk : Ces populations explorent des façons de subvenir à leurs besoins qui leur permettraient de vivre en harmonie avec la terre - de façon durable, si tu veux - tout comme le fait ton peuple depuis des générations. Regarde bien cette forêt, par exemple.
Ryan : Ça m'a l'air d'une forêt bien préservée.
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Inukshuk : C'est en réalité une exploitation que tu vois là.
Morgan : Une exploitation forestière?
Inukshuk : Une plantation de yerba maté.
Ryan : Hein?
Inukshuk : Une plantation de yerba maté. Tu vois ces buissons de couleur vert clair? Leurs feuilles servent à confectionner un thé traditionnel qui rafraîchit les papilles, combat la fatigue, purifie le sang, renforce le système immunitaire, réduit le stress et revigore l'esprit. En espagnol, on dit : « Te levanta el espiritu » - il élève l'esprit. Le yerba maté est un don des dieux.
Morgan : Quelle boisson merveilleuse!
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Inukshuk : Beaucoup de Sud-Américains le pensent en effet. Et on commence même à le penser dans des endroits comme les États-Unis, le Canada et l'Europe. Le yerba maté se plaît à l'ombre des arbres. On peut donc cultiver une plante rentable tout en préservant les arbres. C'est ce que l'on appelle l'agroforesterie, une solution qui permet vraiment de gagner sur tous les plans. Les paysans y gagnent, la forêt y gagne. De plus avec une forêt tropicale saine, on libère moins de carbone dans l'atmosphère, de sorte que le climat de la planète y gagne aussi.
Ryan : Et donc nous y gagnons tous
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Morgan : Et donc, plus il y aura de gens qui boiront de ce yerba maté, moins nous aurons de blizzards?
Inukshuk : Là, tu vas un peu loin, mais comme vous savez...
Ryan and Morgan : Oui comme nous savons! Le monde est petit!
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Sources d'images :
- Agence canadienne de développement international (ACDI)
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