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Sila : les énigmes du climat
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Prêts pas prêts j'arrive! Affronter les changements climatiques


Morgan : Quelle magnifique journée pour observer les baleines. Regarde bien, tu verras peut-être un béluga.

Ryan : Sais-tu, je ne me sens pas très bien. Je préfère garder les yeux fermés.

Portrait de Morgan, Ryan et Inukshuk.

Morgan : Quoi? Est-ce que ce sont ces quelques vagues qui te mettent dans un pareil état?

Ryan : Disons que je n'ai pas le pied marin.

Inukshuk : Désolé, mais il n'y a pas de bélugas dans ces eaux. Vous avez plus de chances d'y rencontrer des requins.

Morgan : Des requins? Ne me dites pas qu'à cause des changements climatiques les eaux arctiques vont être envahies par les requins!

Inukshuk : Personne ne sait avec certitude ce que les changements climatiques réservent aux mers arctiques. Mais, tu ne devrais pas trop t'inquiéter à propos des requins. Il en existe déjà quelques espèces nordiques, comme le requin du Groenland. Tout à fait inoffensif d'ailleurs! J'ai même vu tes ancêtres en capturer à mains nues.

Ryan : À mains nues! Très peu pour moi!

Inukshuk : Ce que nous savons, toutefois, c'est que les changements climatiques nous apporteront des mers plus hautes et plus violentes. Et cela peut causer de sérieux problèmes aux populations côtières où qu'elles soient.

Morgan : Nous percevons déjà ces phénomènes. J'ai vu des grands gros morceaux de notre côte se faire engloutir par la mer. mais . je ne reconnais pas ces lieux.

Inukshuk : Nous sommes bien loin de l'Arctique, mais l'histoire est la même.

1) Image d'une côte effritée.
2) Carte du Bangladesh.

Ryan : Où nous as-tu emmenés cette fois?

Inukshuk : Vous êtes les bienvenus au Bangladesh, un des pays les plus densément peuplés de la planète. Il occupe dans sa majeure partie les terres peu élevées d'un delta fertile formé par trois grands fleuves qui se jettent dans le golfe du Bengale. Si le niveau de la mer augmente d'un mètre - comme le prédisent certains modèles climatiques - près de 20 % du pays se trouverait définitivement sous les eaux.

Ryan : Des eaux qui montent.des terres basses et une multitude de gens. Voilà tous les ingrédients d'un désastre!

Inukshuk : Le Bangladesh a certainement eu sa part d'inondations au cours des ans. Mais j'ai bien peur que cela ne soit pas terminé. Avec 840 personnes au kilomètre carré, il ne reste pas beaucoup de place libre pour se réinstaller en cas d'inondations.

Morgan : En effet! J'ai vu d'aussi grand nombre chez les caribous, mais pas chez les gens.

Inukshuk : Où toi tu habites, on compte environ une personne pour 60 kilomètres carrés.

Ryan : Ce qui donnerait à peu près un soixantième de personne au kilomètre carré?

Inukshuk : C'est une façon de le dire. Deux mondes tout à fait différents. Pourtant, les problèmes causés par les changements climatiques sont très semblables.

Morgan : Comment cela se fait-il?

Inukshuk : Beaucoup de gens des pays en voie de développement, comme le Bangladesh, vivent très près de la nature, tout comme vous. Ils sont donc les premiers à ressentir les effets des changements climatiques. Quand la mer envahit leurs terres ou que la pluie se fait attendre, leur stock de nourriture diminue et leur travail sur la terre en souffre. Certains paysans qui autrefois pouvaient faire deux récoltes de riz par année n'en font plus qu'une aujourd'hui. Il arrive souvent que leurs familles aient faim. Les collectivités qui se trouvent au bord de la mer ou des cours d'eau sont les plus touchées.

3) Image d'une terre inondée.

Morgan : La plupart de nos collectivités se trouvent aussi sur la côte. Certains de nos quais, de nos bâtiments et de nos camps traditionnels ont été emportés par des marées et des tempêtes exceptionnelles.

Inukshuk : Et, comme dans le Grand Nord, ces phénomènes ne menacent pas seulement les gens mais aussi les plantes et les animaux. Le Bangladesh abrite la forêt de Sundarban, qui forme la plus grande mangrove du monde.

Ryan : Cette forêt a l'air mal en point. À quoi sert-elle?

Inukshuk : Ces arbres se plaisent dans l'eau salée et poussent le long de l'océan. Ils stabilisent les rives et procurent un habitat essentiel au tigre royale du Bengale. Comme les terres agricoles s'érodent le long des côtes ou deviennent marécageuses à cause de l'infiltration de l'eau de mer, les gens qui cherchent à se réinstaller exercent une pression croissante sur ces forêts.

Ryan : Et quand les forêts disparaîtront, on pourra dire adieu aux tigres!

Morgan : Situation qui semble désespérée! Qu'est-ce que les gens peuvent faire?

Inukshuk : Il existe des solutions. Mais il faut d'abord bien cerner les problèmes. En se familiarisant avec les changements climatiques, les gens finiront par trouver des moyens créatifs de s'adapter. Au Bangladesh, des groupes de théâtre font appel aux danses et aux chants traditionnels pour faire connaître les risques des changements climatiques et les moyens pour s'y préparer.

Ryan : Donne-moi un exemple?

Inukshuk : Comme faire de la culture sur l'eau.

Ryan : Vous n'êtes pas sérieux. Ce gars n'est pas en train de marcher sur l'eau?

4) Image d'une récolte de légumes qui flotte.

Inukshuk : Et oui, c'est bien ce qu'il fait. Il s'occupe d'une plantation flottante d'okra, un légume très aimé en Asie. Comme des terres sont immergées, les gens tentent de trouver de nouvelles façons de cultiver dans l'eau afin de gagner leur vie et de nourrir leur famille.

Morgan : Alors, la morale de l'histoire : Comme on ne peut pas lutter contre la hausse du niveau de la mer, il faut essayer d'en tirer parti.

Inukshuk : Exactement. Et votre espèce semble posséder une très bonne capacité d'adaptation. Les changements climatiques présentent d'énormes difficultés. Mais plus les gens seront au courant de ces problèmes, plus ils sauront y apporter des solutions.

Morgan : Je suppose que cela s'applique peu importe où l'on vie!

Inukshuk : Tu supposes bien, mon amie.

Sources d'images :

  1. Sila Alangotok, Institut international de développent durable (IIDD)
  2. Agence canadienne de développement international (ACDI)
  3. Agence canadienne de développement international (ACDI)
  4. Agence canadienne de développement international (ACDI)


Mise à jour : 2006-08-09    © nature.ca   Avis importants
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