Le récit de la découverte

Expédition 2007 à l'île Devon : après une journée calme, sans découverte notable, l'équipe de terrain retourne au camp en véhicule tout terrain. Soudain, les pneus arrière du véhicule s'enlisent dans la boue.

Liz Ross et la boue phénoménale!
Liz appuie sur la manette d'accélération pour dégager les roues, mais le moteur cale. Personne n'a eu l'idée de vérifier la jauge d'essence avant de quitter ce matin-là, et les voilà maintenant en panne sèche à plusieurs kilomètres du camp! Natalia et Martin proposent de marcher jusqu'au camp et de ramener une jerricane d'essence pendant que Mary et Liz demeurent près du VTT.

Natalia Rybczynski, Liz Ross et Mary Dawson (de gauche à droite) mettent à jour le fossile de Puijila.
Les deux femmes décident alors de mettre à profit cette attente en explorant les dépôts des alentours. Alors qu'elle gratte le sol du pied pour passer sa frustration d'avoir oublié de faire le plein, Liz voit apparaître un os noir et luisant.
Lorsqu'elle le ramasse, la couche de sédiments qui recouvre l'os s'effrite et révèle ce que l'on identifiera plus tard comme l'extrémité supérieure d'un tibia (os de la patte inférieure). Enthousiasmée par sa découverte, elle appelle Mary à la rescousse. Les deux femmes se mettent à l'oeuvre et exhument de nombreux os dans les environs immédiats : des vertèbres, des os des orteils et un fragment de crâne.

Mary inspecte le premier os de Puijila découvert : le haut d'un tibia (os de la patte inférieure).
À leur retour, Natalia et Martin sont fort surpris de trouver Mary et Liz à quatre pattes en train de déterrer des os qui forment maintenant un amas impressionnant à côté d'elles. Au cours des heures et des jours qui suivent, l'équipe fouille un quadrilatère de 1,5 m sur 5 m et tamise environ 250 kilogrammes de sédiments.

Natalia et Liz trient des sédiments.
La soirée qui suit la découverte reste le moment le plus mémorable pour les membres de l'équipe. C'est en effet lorsqu'ils commencent à réunir les différents morceaux et à examiner les dents de plus près qu'ils se rendent compte qu'ils ont affaire à quelque chose de totalement nouveau.
Au fil des jours, ils récupèrent d'autres os appartenant au même individu en tamisant les sédiments. Et leur enthousiasme atteint son comble quand cet animal apparaît comme un mammifère aquatique de lignée inconnue.

Tout sourire, Natalia tient ici la boîte crânienne.
Quand ils quittent la région, deux jours plus tard, à bord d'un avion Twin Otter, ils ont tous hâte de regagner le laboratoire pour étudier les os de plus près. Mais ils rêvent aussi de revenir fouiller les environs l'été suivant pour y mettre au jour les pièces manquantes du squelette.
La toute première journée de l'expédition 2008, la chance opère à nouveau. Dès son arrivée sur le site fouillé en 2007, Martin repère une forme suspecte : une roche de la taille d'un poing. Il la tend à Natalia : « Est-ce quelque chose? » Et comment! Martin vient de découvrir ce que tous espéraient tant : la boîte crânienne! Voilà bien la nature du travail de terrain en paléontologie : susciter les heureux hasards.










