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Texte : « Puijila » en caractères inuktituts. Puijila, le phoque qui marchait. Collage de photos : linaigrette de Scheuchzer, Eriophorum scheuchzeri; l'équipe de recherche sur le terrain; le fossile de Puijila darwini reconstitué; un rocher dans le cratère Haughton, deux paléontologistes tamisant des sédiments.
Texte : English.
Texte : le mot « Inuktitut » en caractères inuktituts syllabiques.
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L'animal

À la rencontre de Puijila

Puijila darwini est un carnivore semi-aquatique de taille moyenne (110 cm de longueur). Il est doté d'une queue longue et fine. Il vivait il y a de 20 à 24 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui l'Arctique canadien.

On peut décrire schématiquement Puijila comme un animal à tête de phoque sur un corps de loutre. De nombreux traits laissent à penser qu'il est apparenté aux pinnipèdes (phoques, otaries et morse).

Illustration 1) Une illustration montrant l'animal se tenant sur ses quatre pattes.

Les épaules et le cou épais de Puijila étaient très musclés. Ses mâchoires à la musculature développée, ses grosses canines et son museau court suggèrent qu'il avait un coup de dents redoutable.

Puijila arbore un mélange de caractéristiques terrestres et semi-aquatiques. Il constitue une forme intermédiaire dans la transition entre les carnivores terrestres et les pinnipèdes marins à nageoires. Il possède, par exemple, des pattes de carnivore terrestre. En revanche, ses pieds palmés et son corps fuselé lui permettaient probablement de se mouvoir dans l'eau avec agilité et rapidité. Il nageait avec ses pattes avant et arrière.

Les caractéristiques terrestres et semi-aquatiques sont mises en vedette dans cette animation 3D.

Vous devez avoir la version la plus récente de Flash Player pour voir ce modèle 3D. Vous pouvez télécharger le logiciel directement du site d'Adobe.


Illustration 2) Deux mains dont les doigts pointent un endroit sur une illustration.

La reconstitution du crâne de Puijila sur papier, dans la tente-cuisine.

Ce puissant prédateur chassait ses proies sur terre et dans l'eau douce. Ce qui semble être le contenu stomacal accompagnait le squelette de Puijila. D'après un examen sommaire, l'estomac du carnivore aurait contenu un petit rongeur et un canard. Une analyse plus approfondie est en cours.

Puijila vivait près des lacs et probablement au bord des cours d'eau et des océans. À cette époque, l'Arctique jouissait d'un climat beaucoup plus doux qu'aujourd'hui. Le lac de cratère, où les restes de Puijila se sont préservés, était entouré de forêts mixtes composées de conifères et de feuillus.

 

Chasser sous l'eau

Illustration 3) Illustration montrant Puijila darwini en train de nager.

Puijila et son environnement auraient pu ressembler à ceci.

La chasse sous l'eau présente un défi de taille pour un prédateur terrestre, et même pour un animal semi-aquatique comme Puijila. Les sens si précieux sur la terre ferme, comme l'ouïe, la vue et l'odorat, n'opèrent pas aussi bien dans l'eau.

L'Arctique présente des difficultés supplémentaires, surtout l'hiver quand la région est plongée dans l'obscurité 24 heures par jour. Puijila est doté de très grands yeux, ce qui lui permet de percevoir sa proie même quand il fait sombre. Ce trait d'adaptation offre un avantage non seulement sur la terre ferme mais également sous l'eau.

La présence d'un trou sous les orbites (le foramen infraorbital) pourrait signifier que Puijila possédait des vibrisses spécialisées pour déceler ses proies au toucher. Chez le phoque, les vibrisses jouent un rôle important dans la recherche de nourriture. Selon certaines études, ces poils permettraient à l'animal de détecter et de suivre le sillage des poissons.



 

Image 7) Sur le sol, une vertèbre fossile de Puijila darwini (no de collection NUFV405).