Le mammouth laineux est emblématique de la période glaciaire en raison de sa grande taille (environ 3 m ou 10 pi de hauteur au garrot), de son aire de répartition circumpolaire très large, de sa relative abondance durant la dernière glaciation et de son adaptation au climat froid.
On a une assez bonne idée de l’aspect de cet éléphant poilu, grâce à des dépouilles conservées intactes dans le pergélisol de Sibérie et d’Alaska — et à l'art pariétal du paléolithique européen.
Le mammouth laineux était muni de grandes défenses recourbées en ivoire (jusqu’à 4 m ou 13 pi de longueur), d’une haute tête en forme de dôme et d’un dos retombant. Sa livrée ressemblait à celle du boeuf musqué (Ovibos moschatus) : de longs poils foncés protecteurs couvrant un fin sous-poil laineux. Sous les poils se trouvait une couche isolante de graisse d’une épaisseur allant jusqu’à 9 cm (3,5 po). Ses dents jugales étaient massives et constituées d’une large série de plaques d’émail comprimé, un puissant broyeur pour les herbes sèches relativement coriaces dont ces animaux s’alimentaient en bonne partie.
Ces mammouths parcouraient la toundra nordique et les froides steppes herbeuses d’Eurasie et d’Amérique du Nord durant le Pléistocène tardif.
Parmi les mieux préservés des spécimens canadiens, on compte la plus grande partie d`un squelette d’une femelle adulte, mis au jour à Whitestone River au Yukon. Cet individu y est mort il y a 30 000 ans, d’après la datation au radiocarbone, et a été retrouvé grâce à une légende racontée par un aîné autochtone dans l’établissement d’Old Crow.
Des pistes de mammouth laineux sont clairement préservées dans des sédiments vieux de 11 000 années à un site près de Cardston en Alberta. Elles nous fournissent des renseignements sur la structure du troupeau et le comportement de ces éléphants disparus.
Les mammouths laineux n’ont pu s’adapter à la rapide évolution du milieu ambiant et à la prédation grandissante par les humains vers la fin de la dernière glaciation et la plupart sont disparus il y a environ 11 000 années. Toutefois, certains ont survécu aussi récemment qu’il y a 3 700 années sur l’île Wrangel au large de la côte nord-est de la Sibérie.
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