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Dépistage génétique : Promesses et périls
Ottawa (Ontario), le 5 mai 2003

Sommes-nous obnubilés par les gènes ?

Abby Lippman appelle « généticisation » la tendance à aborder les questions sociales et médicales principalement sous l'angle de la génétique. Pour Mme Lippman, et pour bien d'autres, la généticisation évoque la situation du charpentier qui ne possède qu'un marteau comme outil et pour lequel tout a tendance à ressembler d'abord à un clou.

« Gardons les yeux ouverts et ne les couvrons pas du voile de la génétique », exhorte Mme Lippman.

Tout en étant un ardent défenseur de la recherche en génétique, dont il apprécie l'intérêt, Alex MacKenzie convient que « la réponse ne réside pas toujours dans les gènes ». On connaît, par exemple, depuis les années 1950, l'origine génétique de l'anémie falciforme, ce n'est pourtant qu'au milieu des années 1990 qu'un traitement a fait son apparition et encore n'avait-il rien à voir avec la découverte génétique.

Selon Alan Bernstein, cet engouement actuel pour les solutions faisant appel à la génétique vient contrebalancer en partie les erreurs du passé. Il y a cinquante ans, on croyait fermement que la schizophrénie était essentiellement attribuable à l'influence néfaste des mères dites « eudagéniques ». On connaît aujourd'hui le rôle capital de certains gènes dans le déclenchement de cette maladie.

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Matière à réflexion

Un couple italien qui a un enfant s'attend normalement à ce que cet enfant parle italien. Est-ce une question de gènes ou d'environnement ?

Alan Bernstein

   

« Je pense que le pouvoir de la nouvelle technologie génétique des dix dernières années a obnubilé tout le monde. Il nous a obsédés. Dans certains cas, c'est un peu comme le retour du balancier par rapport au point de vue selon lequel la génétique ne joue aucun rôle même dans des maladies complexes comme la schizophrénie », explique M. Bernstein.

Dans quelques décennies, Timothy Caulfield estime que nous pourrons regarder rétrospectivement notre actuelle révolution génomique et la percevoir comme la pièce d'une mosaïque beaucoup plus vaste.

« Je pense que, surtout dans les études de population en cours dans lesquelles nous tentons de démêler les interactions entre les gènes et l'environnement, nous allons nous rendre compte de l'extrême complexité de ces interactions », ajoute M. Caulfield.

 
   
   

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Mise à jour  : 2003-08-22  © nature.ca     Avis importants
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