Dépistage génétique : Promesses et périls
Ottawa (Ontario), le 5 mai 2003
Que dire des mauvais usages éventuels du dépistage
génétique ?
Parallèlement aux promesses d'une médecine sur mesure
se profile le dépistage génétique qui offre
la possibilité d'enfants sur mesure. De fait, en ce qui concerne
la sélection des enfants en fonction de caractères
génétiques, nous y sommes déjà. Dans
de nombreux pays, des parents ont recours au dépistage génétique
pour connaître le sexe de l'enfant et optent souvent pour
l'avortement si le bébé est une fille.
« Ceci est un exemple terrible de mauvais usage des tests
génétiques, déplore Alex MacKenzie. L'avortement
des fœtus de sexe féminin est un fléau dont on
sous-estime l'importance en Inde, en Chine et ailleurs dans le monde.
Ce n'est toutefois pas une raison pour se détourner du dépistage
génétique. Cette voie est trop prometteuse. Si nous
nous contentons de prendre le plus mauvais exemple et de dire «
voyez comme c'est horrible » et que nous nous empêchons
de déceler la maladie d'Aran-Duchenne… je crois que
cela serait une véritable tragédie pour l'humanité. »
Selon Timothy Caulfield, il faut distinguer le
recours au test génétique pour dépister des
maladies et pour déceler des traits « superficiels
» qui ne relèvent pas du domaine médical. D'après
un sondage récent, environ 25 % de la population canadienne
envisagerait de procéder à des tests génétiques
pour sélectionner des caractéristiques esthétiques
chez leur progéniture. « Il faut veiller à
ce que ce type de dépistage ne se produise pas »,
déclare M. Caulfield.
Le projet de loi C-13, qui en est à l'étape de la
troisième lecture au Parlement, préconise l'interdiction
de tests de dépistage du sexe de l'enfant à moins
d'impératifs médicaux.
Abby Lippman fait toutefois remarquer que la définition
elle-même de ce qu'est un impératif médical
demeure une question de jugement. Elle indique également
que de nombreux défenseurs des droits des handicapés
jugent le projet de loi C-13 contradictoire en ce qu'il prohibe
le dépistage lié au sexe mais autorise le dépistage
de plusieurs « handicaps ».
« Est-on en droit d'interdire un test visant la sélection
en fonction du sexe et d'accepter volontiers un test qui crée
une discrimination à l'encontre
de personnes dotées d'habiletés différentes ? »
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Nos invités
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Départager
les tests génétiques
Comment la société va-t-elle
départager les tests génétiques
autorisés et prohibés et où va-t-elle
tracer la ligne à ne pas franchir ? Voilà
une question de taille. Dans le cas d'un enfant atteint
de la maladie d'Aran-Duchenne ou de Tay-Sachs, devrait-on
parler de dépistage génétique ou
de thérapie génétique ? Je sais
que personnellement, dans le cas de mon enfant, je prendrai
résolument cette voie. Mais doit-on l'autoriser
pour quelques points de QI supplémentaires, pour
la couleur des yeux ou pour une maladie comme la fibrose
kystique, où le taux de survie atteint aujourd'hui
les 40 ans ?
Dr. Alex MacKenzie |
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