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Baseball et coléoptères : Le cogneur des Blue Jays de Toronto inspire le nom d’une nouvelle espèce de charançon.

Robert Anderson © Canadian Museum of Nature

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Image de Sicoderus bautistai.

Le magnifique coup de circuit couronné d’un « bat-flip » de l’ancienne étoile des Blue Jays de Toronto Jose Bautista a inspiré le nom d’une nouvelle espèce de charançon.

L’entomologiste du Musée canadien de la nature, Bob Anderson, Ph. D., a découvert plusieurs espèces de charançon en parcourant les collections des musées du pays natal de Bautista, la république Dominicaine. Après une analyse détaillée, l’une d’elle a été officiellement inscrite dans les registres scientifiques sous le nom de Sicoderus bautistai.

Ce minuscule insecte d’un noir brillant est doté d’un long rostre. Il se joint ainsi aux autres espèces connues de charançons dont le nombre dépasse les 60 000.

Anderson qui met à profit ses connaissances scientifiques depuis une trentaine d’années en identifiant des charançons est, dans ses temps libres, un passionné de sports. En 2015, il a regardé avec sa fille une partie éliminatoire entre les Blue Jays et les Rangers du Texas pendant laquelle Bautista a effectué son fameux coup de circuit. Ce coup d’éclat a propulsé l’équipe à la finale de la Ligue américaine pour la première fois en 22 ans.

« C’était un coup de maître ponctué d’un audacieux «bat-flip », qui est aujourd’hui immortalisé dans les annales du baseball. Comme je travaillais à la description de charançons des Antilles, dont plusieurs de la république Dominicaine, j’ai eu l’idée de nommer une espèce en son honneur. C’était une décision prise sur l’impulsion du moment », explique Bob Anderson.

Keith Allison © Keith Allison. Publié sous licence Creative Commons CC-by-SA 2.0

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Jose Bautista jouant contre les Orioles de Baltimore, le 30 sept. 2015.

Bob Anderson est aussi directeur du Centre Beaty pour la découverte des espèces du Musée. Il a nommé quelque 120 espèces de charançon au cours de sa carrière, s’inspirant surtout de noms de lieux ou de scientifiques ou encore de caractéristiques physiques de l’insecte. En 2016, il a baptisé une espèce en l’honneur d’un de ses chanteurs country préférés, mais Sicoderus bautista est le premier qu’il a nommé d’après un athlète. 

Au Centre de découverte et d’étude des espèces, Anderson et ses collègues ont de nombreuses responsabilités. Une de celles-ci est la taxonomie, la science de nommer et de classifier les organismes définis par des caractéristiques communes.

Toute nouvelle proposition doit se conformer au Code international de nomenclature zoologique, qui établit les règles pour décrire de nouvelles espèces et faire des changements formels ou des ajouts à leur nom. Un article doit ensuite être soumis à une revue scientifique où il est révisé par des paires.

Même si le Code exige que les noms soient de bon goût, les scientifiques peuvent de toute évidence utiliser leur imagination. En réalité, puisque la diversité des espèces est plus élevée chez les insectes que pour tout autre groupe, la discipline exige peut-être ce niveau de créativité.

« De nouvelles espèces d’insectes sont découvertes et nommées régulièrement, explique Anderson. Je pense qu’on en a nommé environ un million jusqu’à maintenant, mais les estimations s’élèvent jusqu’à 6 à 20 millions d’espèces différentes dans le monde »

Est-ce que Sicoderus bautistai a des traits qui se rapportent à ce joueur ? « Pas vraiment. Je voulais simplement reconnaître la contribution de ce joueur au baseball canadien, avec ce circuit qui a été son moment le plus mémorable », répond l’entomologiste.

Un mot sur les charançons Sicoderus :
Bob Anderson explique que les charançons sont des coléoptères spécialisés qui se nourrissent de plantes, d’où leur long rostre. Il existe plus d’espèces parmi les charançons que dans n’importe quelle famille d’organismes sur la planète. Les charançons du genre Sicoderus se rencontrent dans toutes les Antilles, mais c’est en république Dominicaine qu’on en dénombre le plus grand nombre d’espèces. Ils sont très distincts et ont un peu l’aspect d’une fourmi d’un noir brillant. Ils semblent se plaire dans les forêts indigènes où on les trouve associés à divers types de vignes.

Lisez l’article scientifique de Bob Anderson sur Sicoderus bautistai ici (disponible en anglais seulement).