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Selon une nouvelle étude, un changement de régime alimentaire a permis au loup gris de survivre à l’extinction de l’âge glaciaire

Julius Csotonyi © Musée canadien de la nature

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Des loups gris s’attaquant à un cheval dans l’habitat de steppe à mammouth de la Béringie à la fin du Pléistocène (il y a environ 25 000 ans).

 

12 avril 2021 – Le loup gris figure parmi les gros prédateurs ayant survécu à l’extinction survenue à la fin de l’âge glaciaire, il y a environ 11 700 ans. Aujourd’hui, cet animal se rencontre dans la forêt boréale et la toundra du Yukon, cohabitant avec le caribou et l’orignal qui sont ses principales sources de nourriture.

Une nouvelle étude dirigée par le Musée canadien de la nature révèle que le loup a pu survivre en adaptant son régime alimentaire sur des milliers d’années : il est passé du cheval comme principale proie pendant le Pléistocène au caribou et à l’orignal aujourd’hui. Les résultats de cette recherche sont publiés dans la revue Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology.

Dirigée par la paléontologue du Musée Danielle Fraser, Ph. D. et l’étudiante Zoe Landry, l’équipe a analysé les indices laissés sur les dents et les os crâniens de loups gris anciens (datant de 26 000 ans à 50 000 ans) et modernes. Collectés au Yukon, qui abritait jadis l’écosystème de steppe à mammouth de la Béringie, tous ces spécimens sont conservés dans les collections nationales du Musée ainsi que dans celles du gouvernement du Yukon. 

« On peut étudier les changements de régime alimentaire chez le loup en examinant les motifs d’usure des dents et les traces chimiques présentes dans les os, explique Zoe Landry, auteure principale qui a effectué le travail en tant qu’étudiante de l’Université Carleton sous la supervision de Danielle Fraser. Ces indices nous renseignent énormément sur la façon de se nourrir de l’animal et sur ce qu’il mangeait tout au long de sa vie jusqu’à environ quelques semaines avant sa mort. »

Danielle Fraser © Musée canadien de la nature.

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Zoe Landry avec des crânes de loup gris étudiés pour le projet de recherche. Elle tient un spécimen vieux de 40,000 ans, qui fait parti des collections du gouvernement du Yukon.

Zoe Landry et Danielle Fraser ont eu recours à des modèles établis pour déterminer les comportements alimentaires de l’animal à partir des motifs d’usure microscopiques des dents. Les éraflures indiqueraient une consommation de viande fraîche, alors que la présence de creux laisse croire que l’animal a mâché et rogné des os, comme un charognard.

Les analyses ont révélé que les éraflures dominaient tant chez les anciens loups que chez les modernes. Les loups ont donc survécu en restant des prédateurs primaires et en continuant de chasser leurs proies.  

Mais que mangeaient-ils ? Les proies des loups modernes sont bien connues : les caribous et les orignaux. Celles des loups anciens ont été déduites à partir des rapports entre les isotopes d’azote et de carbone présents dans le collagène des os. On compare les niveaux relatifs de ces isotopes avec des indicateurs bien établis pour une espèce en particulier. « L’axiome vous êtes ce que vous mangez entre en jeu ici », déclare Zoe Landry.   

Selon ces analyses, les chevaux, qui se sont éteints pendant le Pléistocène, représentent environ la moitié du régime alimentaire du loup. Le caribou et le mouflon de Dall comptent pour 15 % environ, à quoi se mêle un peu de mammouth. Cela se passait quand les anciens loups cohabitaient avec d’autres grands prédateurs comme le chat des cavernes et l’ours à tête courte. L’extinction de ces derniers a certainement ouvert de nouvelles possibilités au loup qui a pu s’intéresser à de nouvelles proies.

« C’est là une histoire décrivant la survie, l’adaptation pendant l’âge glaciaire et la progression d’une espèce vers sa forme moderne sur le plan de l’adaptation écologique », explique Grant Zazula, Ph. D., co-auteur de l’étude, paléontologue du gouvernement du Yukon et spécialiste des animaux de l’âge glaciaire qui peuplaient la Béringie.

Ces résultats ont des implications actuelles sur le plan de la conservation. « Les loups gris ont montré leur souplesse en s’adaptant au changement de climat et en passant d’un écosystème de steppe à celui de la forêt boréale, explique Danielle Fraser. Leur survie est étroitement liée à celle des proies dont ils peuvent se nourrir. »

Étant donné la dépendance du loup moderne sur le caribou, les auteurs avancent que la préservation des populations de caribous est un facteur important pour le maintien des populations de loups.

Cette étude a été financée par la subvention à la découverte du CRSNG octroyée à Danielle Fraser, Ph. D. Les analyses des isotopes ont été réalisées par Sora Kim, Ph. D., et Robin Trayler, Ph. D., de l’Université de Californie à Merced. L’équipe de recherche a utilisé les données provenant de 31 crânes du Pléistocène ainsi que celles de 17 crânes modernes (collectés pour la plupart dans les années 1960). Tous les spécimens proviennent des collections du Musée canadien de la nature et du gouvernement du Yukon.

Renseignements pour les médias et demande d’images : 
Dan Smythe
Chef, Relations avec les médias
Musée canadien de la nature
613-698-9253 (cell.)
dsmythe@nature.ca