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Influences européennes, racines canadiennes

Martin Lipman © Musée canadien de la nature

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Doté d'épais murs en pierres de taille, de tourelles et de fenêtres en arc, l'édifice qui abrite le Musée canadien de la nature mérite bien son surnom de « château ».

Sa valeur patrimoniale est indéniable, puisqu’il figure au troisième rang des édifices patrimoniaux du Canada, immédiatement après l’édifice du Centre et la Bibliothèque du Parlement.

C’est à David Ewart, alors architecte en chef du Dominion, qu’on doit la conception de cet édifice destiné à abriter et à présenter les collections nationales du Canada. Ewart entra au service du ministère des Travaux publics du Canada en 1871, à l'âge de 28 ans. Entre 1900 et 1914, il conçut quatre autres édifices publics en pierre dans la capitale nationale.

Avant d’entreprendre la conception du Musée, David Ewart fit un voyage d’études en Europe, en 1901. De retour à sa table à dessin, l’architecte rompit avec le style gothique victorien cher à son prédécesseur, Thomas Fuller, qui avait dessiné les édifices du Parlement.

Ce dernier s'inspirait du Parlement britannique, tandis qu'Ewart recourut plutôt aux structures plus lourdes de l'architecture romane de l'Europe médiévale auxquelles il intégra des éléments de style gothique et tudor.

La disposition et le plan du bâtiment subissent toutefois l'influence de l'école des beaux-arts, qui prône les plans axiaux et symétriques.

La tour est de retour

D'après les plans originaux, le Musée devait être orné au centre d'une tour massive agrémentée de tourelles, d’une horloge et d'une flèche. L'intention était d'offrir, à l'extrémité sud de la très chic avenue Metcalfe, un contrepoint à la tour centrale des édifices du Parlement.

Cependant, lorsque David Ewart conçu le Musée, il ne prit pas suffisamment en compte la géologie du site et la nature des sols, fortement compressibles.

Le bâtiment commença à s’enfoncer avant même la fin des travaux de construction. L’architecte modifia les plans en 1907, deux ans après le début de la construction, mais d’importants problèmes techniques firent malgré tout surface. Les fondations se fissuraient, et les ouvriers refusaient de travailler dans le sous sol par crainte des pierres qui se détachaient et tombaient sous la pression.

En 1915, la tour se séparait visiblement du reste de l’édifice. Confrontés à l’inévitable, les ouvriers durent réduire la tour de 80 pieds de hauteur. La principale caractéristique du bâtiment, son fleuron architectural, n’était plus.

Au fil des ans, l’édifice continua à s’enfoncer. Ce n’est qu’en 1969 qu’on remédia adéquatement au problème grâce à d’importants travaux de stabilisation.

Grâce aux rénovations apportées au Musée, la tour est de retour sur le fronton de l’édifice, 100 ans après qu’on l’ait enlevée. Le nouveau lanternon de verre permettra la circulation des visiteurs entre les étages du Musée. Il jouera aussi un rôle symbolique, évoquant la tour originale et symbolisant le renouvellement de l'édifice.

Martin Lipman © Musée canadien de la nature

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Bien qu’il fût d’influence européenne, le nouveau Musée dessiné par David Ewart devait aussi s’enraciner dans la réalité canadienne. L’Édifice fut donc un des premiers bâtiments publics à intégrer à son décor des éléments de la flore et de la faune canadiennes.

Des têtes d’orignal sculptées ornent l’entrée principale tandis que d’autres motifs figurant des espèces sauvages du Canada parent les murs extérieurs, les balustrades et les vitraux.