Diamant
Une histoire fascinante - 3e partie
Eurêka!!
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Ce concentré mixte renferme des minéraux entrant dans la composition des kimberlites : l'olivine, le grenat, l'ilménite et le diopside chromifère. |
Même si de nombreuses kimberlites diamantifères sont exploitées dans le monde, personne n'avait encore trouvé de sources de diamants économiquement rentables au Canada avant que le géologue canadien Charles (Chuck) Fipke et son compagnon de prospection, Stewart Blusson, découvrent des cheminées de kimberlite diamantifères près du lac de Gras, dans les Territoires du Nord-Ouest. Ils ont bénéficié de l'aide financière et matérielle de divers investisseurs et partenaires, mais la découverte de ce gisement est le fruit d'années de recherche, de leur sens de l'innovation et de leur persévérance.
C'est une étude géologique de 1955 qui a finalement mené Fipke et Blusson vers la région du lac de Gras. Cette étude faisait état de minéraux qu'ils ont reconnus par la suite comme étant indicateurs d'une zone diamantifère et qu'ils découvrirent eux-mêmes en prospectant en 1985. Il est difficile de trouver des cheminées de kimberlite, car la roche de surface est généralement cachée sous des lacs ou d'autres roches. Si l'on découvre des échantillons de minéraux associés habituellement aux kimberlites, on peut penser que des cheminées sont à proximité. La kimberlite renferme, entre autres, les minéraux suivants : olivine, ilménite, grenat et diopside chromifère.
Il a fallu dix ans pour trouver la provenance des minéraux indicateurs de kimberlite. Les échantillons s'étaient dispersés loin de leur source, vraisemblablement les cônes érodés. Les minéraux ont été découverts dans les eskers laissés lors de la fonte des glaciers. Leur piste fut difficile à remonter, parce que les glaciers s'étaient déplacés dans de nombreuses directions et sur de grandes distances.
Fipke ne pouvait qu'espérer être sur la piste d'une cheminée de kimberlite qui renfermerait des diamants. Heureusement, il détenait quelques renseignements provenant de travaux de recherche innovateurs qui n'avaient pas encore été publiés. Ces travaux essayaient d'identifier le type particulier de grenat que renferment les kimberlites diamantifères et, en 1990, il se rendit compte qu'il en avait trouvé.
Cette année-là, Fipke et son fils découvrirent un lac dont la forme et la taille correspondaient à celle du toit d'une cheminée de kimberlite. Encouragé par les résultats de sa prospection, Fipke fit faire davantage de tests et de levés. Chaque résultat fut suffisamment prometteur pour lui permettre de passer au test suivant.
Pour réaliser certains tests, on dû faire appel à des géophysiciens et à des géologues qui mirent au point des moyens techniques particuliers. Des levés aériens furent effectués à l'aide de magnétomètres et d'émetteurs et récepteurs électromagnétiques. Ils confirmèrent les résultats des tests précédents qui indiquaient la présence de roche conductrice de forme circulaire bien définie sous deux lacs de la région.
Cependant, cette matière conductrice aurait tout aussi bien pu être de l'argile que de la kimberlite. Lors des tests suivants, des carottes furent donc forées sous un de ces lacs pour y prélever des échantillons à analyser. En automne 1991, les prospecteurs étaient sûrs de leur fait : ils avaient découvert près du lac de Gras une cheminée de kimberlite! Qui plus est, il s'agissait de kimberlite diamantifère contenant des diamants en quantité et d'une qualité telles qu'on pouvait envisager une exploitation à ciel ouvert. Nos fins limiers géologues venait de découvrir la première source de diamants exploitable au Canada.
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